.
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez|

nuits fauves (zoé).

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Invité
- Invité -
MessageSujet: nuits fauves (zoé). Dim 17 Sep - 14:30

elle t’offrira des feulements dans sa voix lorsqu’elle reprend son souffle
qui s’échappent dans la cour pour aller faire gauler la lune

Journée qui s'achève. Vignoble qui devient désert. L'ombre de la lune en témoin du paysage. La nuit tombe de ce bleuté particulier. Image dont l'anglais ne se lasse pas. Mains souillées par le boulot. Un boulot qu'il n'aurait pas cru aimer. Il n'y connaissait rien aux vignes. Alors il a lu quelques bouquins, comme d'habitude. Il a fait en sorte d'embaucher des experts à la matière. Puis le succès a frappé comme une tempête à sa porte. Touristes s'arrêtant sur le parcours pour goûter ses breuvages. Habitants réclamant des bouteilles pour savourer le goût si particulier de chaque cuvée. Puis y a ce calme. Ce putain de calme qui fait du bien quand le vignoble s'endort. Plus un bruit. Plus un mouvement. De la fenêtre de sa chambre, il détaille l'horizon. Regard bercé par la mélodie classique qui s'émane de la radio derrière lui. Puis, Clay s'éclipse dans la salle de bain rudimentaire. Un pas dans la cabine de douche. Il allume l'eau chaude qui tombe en cascade sur ses épaules robustes et douloureuses par la journée de travail. Les mains collées au mur. Les paupières scellées. Il lâche un soupir. Moment de répit. Moment de grâce. Moment qu'à lui – que personne ne va venir briser. Putain, ça fait du bien. Alors il profite. Il laisse le temps se suspendre et son corps se détendre. Les minutes s'écoulent mais ça compte peu pour lui. Quand l'anglais finit par sortir, serviette autour de sa taille, il se contente d'enfiler un jean usé par le temps. Et un t-shirt des plus banal. Il descend au rez-de-chaussée et attrape deux verres. À ça, il ajoute une bouteille de rouge. Nouveau bébé de la collection. Fraîchement réalisé. Un goût particulier. Une saveur à émoustiller les papilles de n'importe qui. Traînant les pieds comme souvent, il sort sur le perron. Et s'assoit comme un con qui attend sur les marches froides. Une brise légère caresse sa peau. Un frisson dessine la courbure de ses pores alors qu'il attend. Il attend celle qui le sort de sa mélancolie. Et quand la silhouette de Zoé se dessine dans l'ombre bleutée, il sourit. Un vague rictus sur le coin de sa bouche. Zoé, il aurait pu la détester. Son allure de fille à papa. Celle qui veut et obtient. Rappel presque trop brûlant de la salope d'anglaise qui a gâché sa vie. Mais Zoé, elle est belle. Elle est douce. Zoé, c'est une sucrerie, donc il ne voudrait pas se lasser. Son parfum fruité et pourtant si agréable. Ses yeux de biche où il se perdrait pour un peu de répit. Zoé, c'est une beauté à part. Du genre de celles qu'on ne voit pas souvent. Pas ici en tout cas. Puis, Zoé, c'est celle qui aime la littérature. Goût commun entre les deux qui a su les réunir, les amener à se fréquenter pour la forme. Lire ensemble, débattre sur les livres, sur les mots qui s'écrasent parfois comme un poids trop lourd. Il se lève quand elle arrive à sa hauteur. Sa chevelure est virevoltante à cause du vent léger. Ses joues un brin écarlate. Cette bouche rosée qu'il aime regarder. Parfois avec des arrières pensées. Parfois sans. Il sourit. Il sourit tout le temps quand Zoé se trémousse devant lui. « Je t'attendais » dit-il d'un ton calme. Ils s'attendent souvent. Ces rendez-vous donnés par simple message. Ce besoin de se retrouver. D'appeler chacun à l'exil de leur quotidien respectif. Presque aussi vite, il est calmé. Il n'est plus sous tension – comme quand l'autre connard domine ses pensées. Ses traits s'apaisent. Ses mains tendent un verre à Zoé. « Tiens, c'est notre nouveau cru » commence-t-il à dire, fier pour une fois de cette bouteille. D'habitude, il bosse pour la forme, pour avoir de quoi vivre. Mais cette cuvée, sans l'expliquer à une saveur particulière. « tu m'en diras des nouvelles » Il tape son verre contre celui de la douce en face de lui. Ses prunelles accrochent les siennes, comme hypnotisé. Il se rapproche un peu plus. Séducteur, comme souvent. Presque impossible de ne pas l'être quand une beauté comme elle déferle sous ses yeux. Alors instinctivement, son corps est attiré vers le sien. « son goût sucré va ravir tes jolies lèvres rosées » se plaît-il à dire avec malice en faisant riper son pouce contre la bouche de Zoé. Elle est belle sa bouche. Un brin pulpeuse. Dessinée comme une putain d'oeuvre d'art. Une couleur rosée, qui attire l'oeil sans faire vulgaire. Une bouche qu'on aimerait embrasser, dont on voudrait rêver, jusqu'à la mort. Il s'éloigne pourtant et regagne la marche de sa baraque. Jambes pendantes sur le bitume. Il porte son verre à sa bouche et en avale une gorgée. « tu as ramené quel livre ce soir ? » Bien curieux de savoir de quoi ils vont discuter. En vérité, peu lui importe le l'oeuvre en question. Parce qu'il sait que grâce à Zoé, ça ira bien ce soir. Ça va souvent bien, quand la belle est dans les parages.
Revenir en haut Aller en bas
nuits fauves (zoé).
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
bord d'eau  :: release your problems :: lonely boy :: rps-
Sauter vers: